La filière électronique de plus en plus délaissée par les jeunes
Comment inciter les jeunes étudiants à s’orienter vers les métiers de l'électronique ?

La filière électronique joue un rôle important dans le développement technologique de notre pays et son avenir, j'en suis convaincu, peut être prometteur. Toutefois, malgré notre dynamisme, des doutes persistent. En effet, l'un des constats les plus alarmants que nous pouvons dresser aujourd'hui est de voir cette filière de plus en plus délaissée par les jeunes. L'âge d'or est passé, les désillusions se sont installées, et pourtant le potentiel est là.

Cette situation est critique pour les emplois qualifiés des Industries du secteur de l'Électronique, Électricité et Communication (IEEC), qui sont à la pointe des grands défis que relève et devra relever notre société : développement durable, sécurité, santé ou convergence numérique.

L'avenir de cette filière est mis en péril et, à terme, l'économie française pourrait se trouver aussi en situation de faiblesse. La filière électronique est, en effet, au cœur de technologies invisibles mais indispensables, dans tous les secteurs de l'économie : de l'industrie automobile au secteur des loisirs, en passant par l'aéronautique, le médical, le bâtiment… L'électronique est toujours présente lorsqu'il s'agit d'innover !


Cette filière des IEEC est la filière de tous les paradoxes.

En effet, elle propose une offre abondante en termes de formations et de débouchés vers des emplois qualifiés et passionnants, dans tous les secteurs industriels. Le taux de chômage des jeunes diplômés est l'un des plus faibles enregistrés, les salaires se situent dans la fourchette haute des emplois industriels. Elle propose aussi des perspectives ambitieuses dans tous les secteurs : les industries électriques et électroniques devraient ainsi recruter environ 45 000 emplois en moyenne par an d'ici 2015, tous métiers confondus. Un tiers de ces recrutements, soit 15 000 postes par an, devraient concerner des jeunes diplômés.

Elle souffre pourtant d'une image dégradée par sa forte exposition médiatique. Les entreprises de notre secteur sont souvent connues, et subissent des cycles d'activités parfois de forte amplitude, faisant que des plans massifs d'embauche suivent ou précédent des périodes de tensions. Sur le long terme, l'emploi ne cesse de progresser. Mais ces fluctuations ont créé un effet souvent dramatique sur l'attractivité de nos filières. Un chiffre suffit pour dresser ce constat : il y a 10 à 15% de candidats en moins chaque année à l'entrée des filières universitaires consacrées à l'électronique. Faute de candidats, celles-ci ferment pour ne plus rouvrir, et ce malgré l'énergie déployée, parfois de manière insuffisamment organisée, par tous les acteurs pour inverser cette tendance. Notons néanmoins que la crise financière et les efforts récents de sensibilisation ont eu comme effet de stopper (structurellement ?), semble t'il, cette baisse.

Les sources de talents dans les métiers de l'électronique, de l'énergie et de la communication se tarissent. Sans talents, sans ingénieurs, sans docteurs, sans techniciens, quid de l'innovation ? Comment saisirons-nous les potentiels de croissance ?

Pour réagir, il n'y a malheureusement pas de solution à « court terme » acceptable pour le « long terme » : débauchage inter-entreprise stèrile, immigration contrôlée et difficile, réorientation coûteuse, délocalisation des activités, tout est possible mais rien n'est souhaitable... La seule solution reste le travail de fond entre les responsables d'enseignement d'une part, et les organisations professionnelles et les entreprises d'autre part, pour redonner une attractivité suffisante permettant d'alimenter en jeunes nos filières. Ceci afin d'assurer la quantité et la qualité des talents dont le pays a besoin pour maintenir sa compétitivité et sa capacité d'innovation dans les années qui viennent. Des initiatives comme « classe en entreprise » (www.classe-entreprise.com ) participent à cette démarche sociétale.

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