Quelques remarques finales du rapport

L’accident majeur de Fukushima a mis l’accent sur la nécessité de maintenir impérativement le refroidissement des réacteurs, et des piscines de combustible usé, ainsi que la nécessité de contenir la matière radioactive en toutes circonstances. Il faudra donc étudier à nouveau les risques naturels, sismiques ou climatiques, en incluant les possibilités d’inondation (impératif d’étanchéité des dispositifs de secours), l’examen des dangers présentés par les piscines de combustibles et l’éventualité de prévoir la construction d’enceintes de confinement autour de ces piscines, et l’organisation des secours en cas d’accident. Enfin tous les accidents passés ont montré l’importance de disposer de personnel très qualifié, y compris au sein des personnels intérimaires.

Rien ne peut passer outre à l’impératif de sûreté, mais il n’existe pas d’activité humaine qui ne comporte une part de risque : voir par exemple l’aviation, l’industrie pétrolière ou l’automobile. Les accidents antérieurs ont permis de progresser ; les recherches sur la sécurité issues de l’analyse de Fukushima ne font que commencer.
Un travail important reste à faire si l’Académie souhaite formuler des recommandations concernant les études à long terme sur les voies alternatives aux réacteurs et au cycle de combustible actuels.

Ce sont les mécanismes démocratiques et non les experts qui doivent déterminer l’avenir de l’électricité nucléaire. Mais il faut pour cela que les enjeux et les diverses options dans leur ensemble soient clairement explicitées, en gardant au premier plan les exigences de sûreté, sans isoler l’industrie nucléaire des autres industries, sans oublier le contexte du changement climatique dans lequel ce débat doit avoir lieu.

L'Académie des sciences analyse l'événement de Fukushima et ses conséquences sur le nucléaire civil

L’accident survenu le 11 mars 2011 à la centrale nucléaire japonaise de Fukushima Dai-Ichi, à la suite d’un séisme de magnitude 9 et d’un tsunami d’une ampleur exceptionnelle, est considéré comme un événement majeur, dont il convient de tirer toutes les leçons.
Dans un rapport très complet, établi après audition de nombreux experts, le sous-groupe Nucléaire de l’Académie des sciences résume les conclusions auxquelles il a abouti sur trois points :
• Que comprenons-nous de l’accident majeur de Fukushima Dai-Ichi ?
• Quelle est la situation du nucléaire en France après Fukushima ?
• Quelles pourraient être les potentialités futures du nucléaire ?
Le rapport complet « L’accident majeur de Fukushima Dai-Ichi », peut être consulté sur :
http://www.academie-sciences.fr/activite/rapport/rads_nucleaire.pdf
On lira aussi avec intérêt le rapport du sous-groupe Sismique, « Mégaséismes et mégatsunamis » :
http://www.academie-sciences.fr/activite/rapport/rads0611_sismique.pdf
Etat du site de la centrale de Fukushima Dai-Ichi, le 14 mars 2011, 3 minutes après l'explosion du réacteur 3. © DigitalGlobe.